Dits d'Aragon (5)

Recueillir ici et là quelques citations ou maximes parlantes de l'œuvre - si vaste et si diverse - d'Aragon, peut paraître entreprise dérisoire, et même dangereuse. Le risque serait de survoler et de clicher chaque ouvrage en quelques phrases. Ce risque est présent certes, mais il est aussi intéressant - par un choix qui sera personnel - de laisser un chemin parsemé de cailloux aux lecteurs, sur le siècle, ce siècle d'Aragon qui aura vu tant d'horreurs et d'espoirs, ses espoirs déçus n'ayant pas annihilé une générosité, un dévouement total pour la défense de la culture et un courage dans l'action.
Aragon aura été admiré par les uns, mais le plus souvent il fût l'un des auteurs français qui aura, plus de 30 ans après sa mort, suscité le plus d'acharnement et de haines littéraires et politiques.
Cet ensemble de citations aura pour seule ambition de faire lire ou relire l'œuvre d'Aragon et tentera de montrer les constantes qui existent depuis les premiers poèmes de Feu de joie jusqu'aux photographies légendées de la fin de sa vie.

Il sera procédé chronologiquement afin de suivre son cheminement poétique ou romanesque.

On se rapportera pour chacun des ouvrages ci-dessous à la bibliographie intégrée au site des amis d'Aragon et à l'édition des œuvres poétiques et romanesques dans la bibliothèque de La Pléiade.

 

L'écrivain et la guerre froide (1947-1955)

Cette période est une des plus humainement difficiles de la vie d'Aragon et ses œuvres sont évidemment un reflet des évènements politiques tant nationaux qu'internationaux c'est à dire, de toutes les péripéties de la guerre froide et de la fin de la période stalinienne. L'année 1947 est une année politiquement irrespirable; l'éviction des communistes du gouvernement en mai précède des grèves violentes en France, dans un climat insurrectionnel et de répression féroce. Aragon est englué dans un climat malsain lié à l'affaire Paul Nizan dans laquelle Aragon est pris à partie par Paulhan et Sartre. Avec le plan Marshall, débute la mainmise des Etats-Unis sur le redressement de l'Europe occidentale et la confrontation en deux blocs hostiles. Aragon doit aussi faire face à la politique culturelle jdanovienne régressive. Sont particulièrement visés Picasso et Matisse. Aragon les défend. La fin des années quarante voit des procès comme celui de l'"affaire Kravtchenko" intenté contre Les lettres françaises. En 1949, Aragon est scandaleusement privé de ses droits civiques pour 10 ans pour un délit de presse insignifiant. Aragon est particulièrement actif, ses écrits politiques sont nombreux et dans l'atmosphère du temps. Dans cette grisaille, une éclaircie, Aragon et Elsa achètent en 1951 une maison de campagne, un ancien moulin à Saint-Arnoult en Yvelines. Ce sera leur havre de paix jusqu'à la mort d'Elsa en 1970.
Dans le domaine romanesque, Aragon va clôturer de 1949 à 1951 le cycle des romans du "Monde réel" par la vaste fresque "Les communistes" (à comprendre au féminin). Ce roman s'interrompt sur la défaite de juin 1940. Aragon ne poursuivra pas son projet initial d'un roman-fleuve à la gloire de l'action des communistes jusqu'à la fin de la guerre. Trois recueils de poèmes paraissent pendant cette période "Le nouveau crève-cœur" (1948), "Mes caravanes" et "Les yeux et la mémoire" (1954) dans lesquels Aragon exprime ses choix poétiques et politiques.
Aragon défend aussi dans ses essais, sa conception personnelle du "réalisme socialiste" et les artistes - tant les écrivains ou les peintres - qui lui sont chers: Hugo, Stendhal, Courbet, Matisse, Colette etc.
Le voyage de Louis et d'Elsa en URSS en 1953 en pleine campagne de répression stalinienne dite "des blouses blanches" laisse le couple désemparé et amer. A la mort de Staline en mars, Aragon, directeur des Lettres françaises, doit faire face aux critiques internes suite à l'affaire du "Portrait de Staline par Picasso". Aragon devient en 1954 titulaire du comité central du parti communiste français. Il le restera jusqu'à sa mort en 1982. En 1955, Aragon fait paraître "Littératures soviétiques", il reste à ce jour l'écrivain français qui fît connaître le mieux dans son pays la littérature russe du XXème siècle.

 

 

1947. Chroniques du Bel Canto


Les chroniques du Bel Canto sont parues de janvier à décembre 1946 dans la revue Europe. Ces douze articles et L'école buissonnière qui conclut l'essai, sont édités en janvier 1947 chez Skira. Consulter le dictionnaire Aragon aux éditions Honoré Champion et l'article de M. Murat Chroniques du Bel Canto pp. 158 et 159.) Les chroniques du Bel Canto constituent un remarquable essai d'Aragon sur la poésie. Il se positionne pour le vers rimé et réaliste: "la poésie doit pouvoir se lire comme le journal" tout en n'excluant pas le poème en prose baudelairien. Aragon, dans cet essai, montre sa connaissance profonde, érudite et historique de la poésie française. Il réalise une œuvre de critique dans laquelle nous retrouvons un grand nombre de poètes ainsi que la figure tutélaire de Rimbaud.
Aragon: Le crime contre l'esprit


"Il y a chez Nerval bien des secrets perdus, et non pas ceux qui font couler l'encre (où trouve son compte un goût de l'hermétisme et de la cabale)."
(in Chronique du Bel Canto. Janvier 1946. p.13)

 

"Jamais peut-être la poésie de la pauvreté, de la solitude, la poésie de l'homme abandonné des hommes n'a été poussée si loin que chez Pierre Reverdy."
(idem p. 19)


"...qu'attendre encore n'est qu'une forme de la lâcheté; qu'attendre, c'est le vivre à plat ventre de Giono, aujourd'hui comme hier..."
(idem in février 1946 p. 29)
Le pacifisme et le dé(sen)gagement de Giono pendant et après la guerre est ici férocement vilipendé.


"Et s'il ne s'agit plus de ce combat d'hier, aujourd'hui a son combat comme hier, et pour ce combat doit avoir sa poésie, une poésie nouvelle, différente, moderne à la façon de nos étranges conditions d'existence, dans le monde où Paris sans lumière veut à tout prix être encore la lumière du monde..."
(idem in février 1946 p. 30)
rôle de la poésie comme moyen d'action revendiqué par Aragon. Il fait clairement allusion à la situation matérielle difficile de l'immédiat après-guerre et au rayonnement de la France dans le monde.


"Qu'on le veuille ou non, ce n'est plus au café Cyrano ni au café de Flore que les poètes véritables d'aujourd'hui, ceux pour qui la vérité est très ardente et toujours belle, iront prendre leur leçon de chant."
"Ce n'est pas que la poésie qui a changé en France: c'est la France"
(idem p. 38)
Par cafés interposés, c'est Breton et Sartre qui sont visés par Aragon polémiste.


"La poésie, notre poésie se lit comme le journal. Le journal du monde qui va venir."
(idem in mars 1946 p. 60)


"Je viens de lire vingt-trois livres et plaquettes de vers, avec patience, espoir, désir d'entendre chanter quelque chose, sonner bizarrement deux mots assemblés, se prolonger une manière de dire, se former quelque image de stéréoscope, quelque cristallisation de sentiments, s'échapper un cri, un rêve, une musique...Rien."
(idem in avril 1946 p. 61)
Misère de la poésie ?


"Il faut à la critique tenir compte du monde tel qu'il est. Bon gré, mal gré."
(idem p. 65)


"Oui, peut-être n'est-il pas un poète vivant qui plus que Supervielle ait ce charme qui, parmi les instruments de la musique, n'appartient qu'au violon. Si peu violoniste pourtant. Il n'a pas à forcer sa voix calme pour le sanglot."
(idem in mai 1947 p. 82)


"...dans le langage ces jours-ci établi, bel canto peut passer pour péjoratif. Il ne faut pas beaucoup d'imagination pour comprendre que si j'ai repris à mon actif cette expression, cela devait tout de même être par un propos délibéré, et réfléchi."
(idem p. 85)


"Décidément, on n'est compris qu'à condition de parler chinois. Or moi, j'ignore cette langue. J'appelle les choses par leur nom: je dis que cela chante, sans savoir si l'impureté est de la partie, ou la pureté."
(idem p. 90)


"J'aime qu'un poète se paye le luxe de l'impardonnable. Cela fut souvent la grandeur d'Hugo."
(idem in juillet 1946 p. 114)


"Le modernisme de Bataille, si vous voulez bien le replacer dans son temps, est précisément ce que tous les tenants de la poésie intemporelle, ont combattu et combattent encore. C'est la réalité dans les vers."
(idem in août 1946 p. 130)
On connaît le goût jamais démenti d'Aragon pour Henry Bataille.


"Ah, je crains bien que vous soyez comme les vaches qui regardent passer les trains ! Et que vous soyez aussi fermés au moderne d'aujourd'hui qu'au modern style..."
(idem p 134)


"En prose comme en vers, le chant."
(idem in septembre 1946 pp. 161)


"Eh bien, il faut se résoudre à le dire : l'évènement poétique de l'année, c'est la publication dans la Bibliothèque de la Pléiade des Œuvres complètes de Rimbaud."
(idem in Novembre 1946 p. 184)


"Il faut raisonnablement éviter d'imiter en cela les annexionnistes de tout poil, tenant compte que ce qui, en dernière analyse, est Rimbaud, c'est son œuvre écrite: et ni les Illuminations, ni Une saison en enfer ne peuvent être présentées comme des œuvres "communistes". Cela n'a aucun sens. Je pense que, pour en comprendre la place et la portée, il faut replacer ces écrits d'une portée et d'une valeur exceptionnelle dans les conditions historiques où ils sont nés..."
(idem pp. 196 et 197)
Aragon réagit contre tout "annexionnisme" de Rimbaud qu'il fût "chrétien" ou "communiste". Soulignons la constante chez Aragon pour l'"historicité" et la "chronologie" des écrits.


"Car il n'y a pas d'autre problème de la poésie que d'entendre le chant;"
(idem in décembre 1946 p. 208)


"On aura remarqué, dans tout ce qui précède, que je ne vais que rarement par la droite ligne à ce que je dis. Au moins parlant de la poésie. Cela ne peut être seulement l'effet de l'incapacité; parfois, je chemine d'autre sorte."
(idem in Noël ou l'Ecole Buissonnière p. 232)


"Je ne suis pas un pédagogue, et il me faut l'avouer: c'est à l'école buissonnière que je mène ceux qui me prêtent attention."
(idem p. 234)


"Le principal ennemi du chant c'est l'ignorance."
(idem p. 241)


"Il est louable d'enseigner comment lire les vers en un temps où les acteurs, presque tous les acteurs, ne savent que les écorcher."
(idem p. 242)
Aragon fût souvent le premier lecteur de ses vers pour ses proches.


"je n'ai pas eu d'autre objet que de ramener toute la poésie au chant."
(idem pp. 257 et 258)
On dire sans se tromper qu'il y a très bien réussi.



1947. La Culture et les hommes


La Culture et les hommes est un ensemble de quatre discours d'Aragon de 1946 et 1947 publiés aux Editions sociales en septembre 1947. Ces quatre discours sont La Culture des masses ou Le titre refusé, conférence prononcée au grand amphithéâtre de la Sorbonne sous l'auspice de l'UNESCO (novembre 1946); La Culture et sa diffusion (Discours prononcé à la Maison de la Pensée, à Paris, pour le Conseil National de l'U.N.I, avril 1947); L'exemple d'Emile Zola discours prononcé à Médan au pèlerinage des Amis de Zola pour le 45e anniversaire de sa mort (29 septembre 1946); et Adieu à Jean-Richard Bloch discours prononcé aux obsèques de J.R. Bloch (19 mars 1947).

Aragon: La culture et les hommes


"Je veux avant toute chose poser ce principe que la culture est une et indivisible, qu'elle n'est pas l'apanage de quelques hommes qui la tirent des nuages de leurs têtes, mais le bien commun de tous les hommes, et que, masses ou peuples ou nations, selon que vous les appelez, c'est dans l'humanité qu'elle a ses solides racines, c'est du profond des nations qu'elle tire son origine, et son principe d'accroissement et de renouvellement."
(in La culture des masses pp. 8 et 9)
(La culture pour tous, et de qualité, est le principe de base d'Aragon en matière de diffusion de la culture. On note ici en filigrane une critique de l'Idéalisme et l'affirmation du réalisme comme mode d'expression);


"Comment allons-nous recréer l'homme ? ou bien l'homme est-il mort ? Ce ne sont pas de vrais problèmes, ce sont des diversions de la réalité."
(idem p. 18)


"Eh bien non, ni l'homme occidental, ni l'Europe, ni aucune grue métaphysique ne me fera accepter l'abdication de cette réalité vivante qui s'appelle la France. Je pense avec force qu'il ne saurait y avoir aucune entente internationale qui ne suppose l'existence et le respect des nations."
(idem p. 36)
(Aragon et le sentiment national' est un thème qu'il ne faut pas négliger; on peut souligner ici la proximité de vue des communistes et des gaullistes sur les institutions supranationales.)


"Aujourd'hui, que ce n'est plus seulement de fait et devant la mort, mais aussi devant la loi que la femme en France est l'égale de l'homme"
(in La culture et sa diffusion p. 43)
(Aragon est en plein écriture du roman Les Communistes qu'il entend au féminin. Toutefois si les femmes obtiennent le droit de vote, elles devront attendre 1965 pour ouvrir un compte en banque sans l'aval du mari, par exemple...)


"Aussi, ne faut-il pas s'étonner que cette énorme conjuration de la sottise et de la haine qui entourèrent la vie d'Emile Zola n'ait point désarmé. Que le nom d'Emile Zola, d'une façon toute singulière, soit encore, après un demi-siècle bientôt, objet de passion, d'injustice, d'injure, d'imprécation comme celui d'une homme vivant."
(in L'exemple d'Emile Zola p. 68)
(On peut retourner le même constat à Aragon qui fait l'objet des mêmes dénigrements).


"Jamais on ne pourra parler d'Emile Zola de façon valable, si on veut le détacher de ce qui est sa grandeur, de ce qui le lie à l'histoire de notre peuple."
(idem p. 69)
(thème important de l'historicité dans les romans d'Aragon)


"On le poursuivait pour Germinal et pour Lourdes, et pour la Débâcle, ce livre dont les hommes de débâcle parlent toujours avec une vertueuse indignation !";
"On poursuivait Emile Zola, l'écrivain, et en lui on poursuivait le réalisme."

(idem pp. 70 et 71)
(Aragon fait le parallèle entre les opposants politiques de Zola et les adversaires du réalisme; il fustige par la même occasion les responsables de la défaite de mai 40 qui sont associés aux ennemis du réalisme)


"Il ne faut pas pleurer les morts. Il faut les continuer."
(Adieu à Jean-Richard Bloch p. 90)
(J-R Bloch, écrivain et journaliste, est un vieil ami et collaborateur d'Aragon au journal Ce Soir. Sa mort affecta beaucoup Aragon.
NB. Aragon publie en 1947 chez Gallimard "Les voyageurs de l'impériale", l'édition de 1942 avait été censurée en 1942 par l'occupant; à La Fontaine de Vaucluse paraît aussi en 1947 la traduction de 'Cinq sonnets de Pétrarque', illustrés par Picasso. (voir bibliographie de la société belge des amis d'Aragon)



1948. Le Nouveau-Crève-cœur

 

Ce n'est certes pas le plus populaire et le plus étudié des recueils d'Aragon. Le Nouveau-Crève-cœur a été publié aux Editions Gallimard le 1er octobre 1948. Dans la logique des Chroniques du Bel Canto, ce recueil s'inscrit dans l'atmosphère de la guerre froide. Le p.cf. est dans l'opposition depuis deux ans; le couple subit une mise à l'écart de la part des adversaires politiques d'Aragon mais dans son propre parti certains n'apprécient guère son influence. Au P.C.F., on a reproché à Aragon le pessimisme de ses poèmes du Crève-cœur quand d'autres soulignaient leur caractère trop intime. Il est clair que la réception de ce recueil fût pour le moins discrète. Les poèmes du Nouveau Crève-cœur n'ont été que peu mis en musique: "Maintenant que la jeunesse" chanté par Marc Ogeret et Monique Morelli. La partie du recueil la plus intéressante est 'Le Romancero de Pablo Neruda' dans lequel Aragon s'inquiète du sort réservé à son ami après le coup d'état en 1948 du général Videla au Chili. Neruda, alors dans la clandestinité, avait fait par la suite, sa réapparition à Paris. Le Nouveau Crève-cœur, "livre intermédiaire, est par là même déroutant" comme le dit Marie-Thérèse Eychart dans sa notice sur le recueil dans O.P. I p 1574 à 1581.

Aragon: Le nouveau crève coeur

 

 

"Moi j'écoute un pas sur la route
Un bruit de moteur au lointain
J'écoute j'écoute j'écoute
Un cœur qui faiblit puis s'éteint"
(in Deux ans après OP I p 1060)
Exemple de vers pessimistes ou mélancoliques qui foisonnent dans ce recueil, état d'esprit du poète deux ans après la libération de Paris.

 

"Mais qu'est-ce que ça fait à des gens comme nous
Fiers de n'aimer rien ni personne"
(in Petite énigme du mois d'août OP I p 1061)
On retrouve ici la rage de François La Colère ou l'Aragon surréaliste de "Je n'aima pas les gens".

 

"Entre le cœur et la chemise
Il n'est de place qu'au couteau
Est-il trop tard est-il trop tôt
Tout a le parfum des traîtrises"

(in Le monde illustré OP I p 1063)
Ces vers expriment bien le climat de l'immédiat après guerre et de la désunion des écrivains de la résistance. Les désaccords avec Paulhan notamment.

 

"Tant qu'un enfant rêvera de l'aurore, tant qu'une rose embaumera la nuit, tant qu'un cœur quelque part éprouvera le vertige, tant qu'un pas chantera sur la chaussée, tant que l'hiver quelqu'un se souviendra du printemps, tant qu'il y aura dans la tête d'un seul homme une manière de musique, et dans le silence une douceur comparable à la femme aimée, tant qu'il flottera un peu de jour sur le monde et sa destinée...
...on entendra la chanson de France."

(in Prose de Sainte Catherine OP I p 1075-1076)

 

"Jaloux jaloux des jacinthes
D'un parfum d'un souvenir..."
"Jaloux jaloux des guitares"

(in Amour d'Elsa p 1087)
Thème de la jalousie, les jacinthes sont les fleurs préférées d'Elsa.

 

"Tes yeux ont le mal d'horizon
Fou qui trouve assez bleu l'azur
A qui le ciel n'est pas prison
Il faut aimer à démesure
Ce n'est pas assez que raison"
" Un air Elsa de la démence
Un air qui ne finit jamais
Un air d'octobre une romance
Plus doux que n'est le mois de mai
Un air comme une traîne immense"
(in Un air d'octobre p 1088)
Mis en musique par Leonardi et chanté par Monique Morelli.

 

"La forme de mon cœur est celle de la ville"
"Ici toute la nuit n'est qu'un chant de guitare
Et mon amour y semble un immense Avignon"

(in Les Noyés p 1090)
On sait l'affection d'Elsa et de Louis pour la ville d'Avignon.

 

"L'histoire et mon amour ont la même foulée
J'écris contre le vent majeur et que m'importe
Ceux qui ne lisent pas dans la blondeur des blés"
" Il n'y a pas d'amour qui ne soit notre amour
La trace de tes pas m'explique le chemin
C'est toi non le soleil qui fais pour moi le jour"
(in Le rendez-vous perpétuel p 1091)

 

"Quand il faudra fermer le livre
Ce sera sans regretter rien
J'ai vu tant de gens si mal vivre
Et tant de gens mourir si bien"

(in Le cri du butor p 1100)
C'est sans doute par de tels vers désabusés qu'Aragon a choqué son camp.

 

"Celui qui ne peut pas chanter
Rêve-t-il de la liberté"
"Mais tout le jour est mon combat
Ne meurs pas Pablo ne meurs pas"
(in Le romancero de Pablo Neruda - L'homme p 1108-1109)
Aragon craint pour la vie de Neruda dont il ignore le sors.

 

"Comment croire comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j'entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda"

(idem in Complainte de Pablo Neruda p 110)
Certaines de ces strophes ont été mises en musique par Jean Ferrat dans son dernier album consacré à Aragon.

 

[à suivre]



































 

à suivre...